Sécheresse : Passage au niveau d’alerte supérieur
Contexte climatique et sécheresse historique
Depuis 1947, la température moyenne annuelle a augmenté de près de 3°C, ce qui confirme une évolution climatique durable et déjà très visible sur les milieux aquatiques. En ce mois de juillet, la situation hydrologique est particulièrement inquiétante : le mois n’est pas terminé, mais il s’annonce déjà comme l’un des plus secs jamais enregistrés depuis 1959, avec un déficit de pluie très marqué et un enchaînement de près de 50 jours sans pluie sur une grande partie de la région. Les nappes phréatiques et les masses d’eau restent donc fortement déficitaires, avec une tension qui se prolonge depuis de longs mois. (Source : Météo France).
Lors du dernier Comité Départemental de la Ressource en Eau du Pas-de-Calais. Le 24 juillet dernier en présence de M. Le Préfet, la Fédération de pêche et de protection du milieu aquatique a défendu la non-fermeture du loisir pêche pour les AAPPMA et leurs adhérents en première et seconde catégorie, argumentant que les pêcheurs avaient un impact minime sur la ressource en eau et que s’il devait y avoir des mesures de restrictions, elles devaient d’abord être prises sur d’autres activités ayant un impact sur la ressource et les écosystèmes. Le réseau des AAPPMA et les pêcheurs assurent également par leur présence sur les cours d’eau et plan d’eau, une surveillance et informent des désordres constatés.
Nouvel arrêté préfectoral et zone des restrictions
Le nouvel arrêté a été signé par le préfet le 24 juillet à l’issue de la réunion, vous pouvez le consulter en suivant ce lien.
Dès lors, une partie du département est passé au niveau d’alerte renforcée. Celui-ci concerne le Boulonnais, l’Audomarois, le Delta de l’Aa, et le bassin de la Lys, tandis les bassins de la Scarpe et de la Sensée sont en en vigilance renforcée et que les bassins de l’Authie et la Canche restant en vigilance. L’absence de pluie, combinée à des épisodes précoces et intenses de fortes chaleurs, conduit à un renforcement des mesures de restriction pour préserver la ressource en eau.

Carte de l’arrêté sécheresse du 24 juillet 2026
Source : La Voix du Nord
Adaptation des pratiques de gestion
Pour le réseau des AAPPMA et tous les adhérents, cette situation impose une grande vigilance. La présence des pêcheurs sur les cours d’eau, les canaux et les plans d’eau demeure un atout important pour la surveillance des milieux : repérage des assecs, des mortalités piscicoles, des baisses de niveau, des pollutions ou de toute anomalie. Cette vigilance de terrain doit être maintenue, car elle contribue à l’alerte et à la remontée et partage d’informations utiles à la fédération départementale de pêche et de protection du milieu aquatique et aux services compétents.
En revanche, les AAPPMA doivent aussi faire preuve de responsabilité dans leurs propres pratiques et leurs choix de gestion. La question des futurs rempoissonnements en première catégorie doit être réexaminée à l’aune de l’état réel des milieux et de la capacité des écosystèmes à supporter de nouvelles introductions. De même, en seconde catégorie, il apparaît nécessaire de limiter l’amorçage, afin de ne pas aggraver la dégradation de la qualité de l’eau et de sa teneur en oxygène, dans un contexte déjà très fragile.
S’agissant des éventuels sauvetages piscicoles, la situation est délicate. Une pêche de sauvetage n’est pas toujours synonyme de poissons sauvés. Il faut pouvoir intervenir, capturer, transporter et déplacer les poissons, des facteurs de stress supplémentaires à la situation déjà subie. A la suite immédiate, il faut les introduire à un autre endroit qui peut être difficile à trouver, ou également en sursis de quelques semaines et contenant également déjà des poissons rassemblés et concentrés sur de petits secteurs.
Les services et les équipes de la Fédération examinent chaque cas ou sollicitation en fonction des toutes les composantes listées ci-dessous avec sa connaissance et son expertise des enjeux et du patrimoine piscicole, mais ne sont pas en mesure d’intervenir partout, et ne peut pas panser toutes les plaies dans l’urgence, notamment dans les secteurs déficitaires en eau où parfois s’ajoutent encore des dérogations d’usages.
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