Rapports sur les analyses ADNe PKD
Qu’est ce que la PKD ?
La maladie rénale proliférative, MRP ou PKD pour proliferative kidney disease en anglais est une maladie infectieuse émergente causée par le parasite myxozoaire Tetracapsuloides bryosalmonae. Au cours des deux dernières décennies, de plus en plus d’épidémies de MRP ont été reportées au sein de populations de salmonidés d’Europe et d’Amérique du Nord (Hedrick et al., 1993; Sudhagar et al., 2020). Cette maladie est en effet responsable de pertes importantes en aquaculture et de déclins inquiétants des populations de salmonidés sauvages, avec jusqu’à 95 % de mortalité signalée dans les fermes piscicoles (Okamura et al., 2011). En outre, plusieurs études ont montré que le déclin de la truite fario (Salmo trutta) dans les rivières suisses était lié au développement de la MRP (Burkhardt-Holm & Scheurer, 2007; Wahli et al., 2007).
Ce parasite a un cycle de vie complexe et alterne entre deux hôtes : un poisson salmonidé et un bryozoaire, plus particulièrement de l’espèce Fredericella sultana (Tops & Okamura, 2005).
L’infection chez les poissons peut rester bénigne, mais certains individus développent des symptômes de la maladie, particulièrement lorsque la température de l’eau dépasse les 15°C de façon prolongée, qui peuvent aller de la perte d’efficacité liés à des troubles d’acquisition de l’oxygène, pouvant mener dans les cas les plus sévères à une mort par asphyxie (Bruneaux et al., 2017; Hedrick et al., 1993; Okamura et al., 2011). Les jeunes de l’année sont les plus sensibles au développement de la MRP, et les poissons survivant leur première infection semblent développer une immunité car ils ne redéveloppent pas les symptômes lors d’infections ultérieures (Feist & Longshaw, 2006; Foott & Hedrick, 1987).

En France, la distribution du parasite et le statut d’infection des populations de salmonidés sauvages restent encore largement méconnus. Le parasite, de par sa taille microscopique et son hôte bryozoaire, de par sa distribution sporadique dans les cours d’eau sont difficilement détectables dans leur environnement. Des outils de détection du parasite et de son hôte bryozoaire par détection d’ADN environnemental ont été développés et utilisés pour cartographier leur présence et estimer leur abondance relative dans les cours d’eau (Carraro et al., 2018; Duval, 2022; Fontes et al., 2017).
Le protocole
L’identification de l’infection chez les poissons repose sur l’ADNu pour ADN urinaire consiste à laisser stabuler les poissons dans de l’eau non contaminée pour leur permettre d’excréter le parasite en cas d’infection.
Cela est possible chez la truite fario chez laquelle le parasite réalise son cycle complet et va être réexcrété dans l’environnement sous forme de spores infectieuses pour le bryozoaire (Duval et al., 2021), dont l’ADN est ensuite détectable suite à la filtration de l’eau de stabulation.
Vous trouverez ci dessous, les rapports des analyses réalisées à partir de 2024.